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Désillusionnée avant l'age je dégueule sur la facticité des sentiments...
J'emmerde le monde parce que je le hais, Je le hais de ne pas être ce que je voudrais qu'il soit.
On vit... comme des cons. On mange, on dort, on baise, on sort. Encore et encore. Et encore...Chaque jour est l'inconsciente répétition du précedent : on mange autre chose, on dort mieux, ou moins bien, on baise quelqu'un d'autre, on sort ailleurs.
Mais c'est pareil, sans but, sans intérêt. On continue, on se fixe des objectifs factices.
Je n'aime personne et je ne fous rien, je ne veux pas tenter de me distraire, ou de m'occulter la vérité, la vie est une saloperie, et chaque seconde de lucidité est un supplice.
La force tranquille de son corps étendu dont seul le contact me brule la peau et l'ame...non je n'ai peur de rien quand je suis dans ses bras...de rien...je fais de mon souffle l'écho des battements de son coeur, de mon corps le reflet de son corps, de sa jambe qui m'entoure une chaine indéflectible...je le regarde dormir et l'ombre de ses cils sur sa joue mal rasée, sa moue d'enfant, sa main abandonnée, déchainent en moi des passions disproportionnées...
...Et croire que tout ça suffit...mais ça ne suffisait pas,
on ne vit pas que d'evian, de marlboro et d'amour...
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